Apropos de SNA News and Notes
SNA News and Notes
Numéro 6, Juillet 1997
Etapes
d’installation du SCN : première utilisation (pour information)
Stefan Schweinfest
Branche des statistiques
économiques, UNSD
Le numéro n°4
(juillet 1996) du SNA News and Notes présentait six étapes
pour la mise en oeuvre du SCN qui avaient été formulées
par l’ISWGNA à la demande de la Commission de statistique. Afin
que ces étapes soient opérationnelles pour surveiller la
progression de la mise en oeuvre du SCN 1993, l’UNSD a élaboré
une méthodologie, avec l’aide des commissions régionales
des Nations unies, pour évaluer la situation des différents
pays sur la base des données relatives aux comptes nationaux qu’ils
fournissent à l’UNSD. Un document de travail, reprenant la description
de cette méthodologie et un tableau évaluant tous les pays
pour la période 1990-95, a été remis à la
réunion 1997 de la Commission de statistique. Nous exposons ici
le contenu de ce document sous forme de synthèse.
Evaluations des pays
Chaque année,
les pays répondent au questionnaire de l’UNSD, qui reprend plus
de 60 tableaux de comptabilité nationale. Une série de 26
tableaux clés a été utilisée pour l’évaluation.
Pour déterminer si un pays avait atteint une certaine étape,
plusieurs critères ont été définis. Ainsi,
pour parvenir à l’étape 3, un pays devait avoir transmis
(i) des données sur le PIB, ventilées en éléments
de dépenses et types d’activités (en prix constants ou courants),
(ii) des données sur les opérations avec l’extérieur,
ainsi que (iii) des données sur le secteur des administrations
publiques, y compris le compte de capital.
D’après cette
évaluation, 56 des 184 Etats membres des Nations unies examinés
se trouvaient dans la phase pré-SCN, 45 dans la phase 1 et 56 dans
la phase 2. 27 pays seulement avaient atteint la phase 3 ou un niveau
supérieur, c’est à dire avaient, dans une certaine mesure,
établi les comptes des secteur institutionnels. Le document de
l’UNSD souligne que l’un des avantages de cette méthodologie d’évaluation
est qu’elle se base sur des données officielles disponibles au
niveau international. Les résultats étonnamment faibles
de nombreux pays indiquent toutefois qu’il se pourrait que les informations
communiquées à l’UNSD soient incomplètes. Certains
pays ont sans doute progressé dans l’élaboration de leurs
comptes nationaux, mais n’ont pas encore transmis ces informations à
l’UNSD en tant que données nationales officielles, conformément
aux tableaux types du questionnaire. L’UNSD diffuse actuellement la documentation
relative à l’évaluation auprès des instituts nationaux
de statistique, pour examen.
Formulation des objectifs
de mise en oeuvre
Les étapes
ne servent pas seulement à surveiller les progrès déjà
réalisés dans la mise en oeuvre du SCN, elles permettent
également d’étayer la formulation d’objectifs de mise en
oeuvre, au niveau national et international. Pour ce qui est de priorités
globales de mise en oeuvre, l’ISWGNA a présenté à
la Commission de statistique cinq options. La Commission « a recommandé
d'accorder une attention prioritaire, pour ce qui est des objectifs de
mise en oeuvre à moyen terme, aux pays qui sont actuellement en
phase pré-SCN ou en phase 1. Plus généralement, il
faut tenir compte des besoins de groupes de pays spéciaux… (lors
de l'élaboration des actions appropriées pour la mise en
oeuvre du SCN 1993). La commission a noté que (…) différentes
approches peuvent être requises dans différentes régions »
(rapport de la session 1997 de la Commission de statistique).
Comptabilisation
des taxes sur les produits sur la base des droits constatés ou
sur celle des payements (pour
discussion)
Paul Mc Carthy
Direction de la statistique,
OCDE
En principe, les comptes
du SCN doivent être dressés sur la base des droits constatés.
Néanmoins, les paragraphes 7.59 et 7.60 du SCN 93 stipulent que,
lorsqu’il est pratiquement certain qu’un impôt ne sera jamais perçu,
il n’est pas indiqué d’enregistrer le plein montant que la base
des faits générateurs.
Dans la pratique,
la plupart des activités industrielles enregistrées dans
la comptabilité nationale d’un pays sont basées sur des
enquêtes auprès des entreprises qui fournissent des informations
détaillées sur les montants à payer en taxes sur
les produits (comme la TVA). Toutefois, la mise en correspondance avec
les comptes des administrations publiques fait souvent apparaître
que les recettes fiscales de ce type sont nettement inférieures
à ce que déclarent les entreprises. La façon de résoudre
le problème est différente selon la véritable origine
de la différence. Il est possible que l’écart soit dû
au fait que les taxes collectées par les entreprises, par le biais
des prix qu’elles facturent, ne soient en réalité jamais
reversées à l’Etat (problème d’évasion fiscale).
Il est cependant également
possible qu’un écart important résulte du fait que les comptes
des entreprises sont établis sur la base des droits constatés
et ceux des administrations publiques sur la base des payements. Tout
retard dans le transfert des taxes à l’Etat peut déboucher
sur des divergences entre les deux estimations, particulièrement
dans les pays qui souffrent d’une inflation élevée.
Si les différences
viennent du fait que les entreprises facturent à leurs clients
le montant total de la taxe, mais ne le transfèrent pas entièrement
à l’Etat, la partie retenue par les entreprises ne doit pas être
comptabilisée comme une taxe sur les produits. Sur la base des
données fournies par les entreprises, l’évaluation du PIB
aux prix du marché est correcte, mais la valeur du PIB aux prix
de production doit être calculée comme le PIB aux prix du
marché moins la partie de la taxe réellement transmise à
l’Etat. En d’autres termes, dans le PIB aux prix du marché, la
combinaison entre l’excédent d’exploitation et les taxes sur les
produits est différente de la situation basée sur les données
fournies par les entreprises.
Dans la seconde des
hypothèses susmentionnées, les taxes perçues par
les entreprises sont entièrement reversées à l’Etat
et la différence vient du fait que les entreprises appliquent une
comptabilité sur la base des droits constatés, et l’Etat
une comptabilité sur la base des payements. Dans ce cas, le PIB
aux prix du marché et le PIB aux prix de production, mesurés
par les données des entreprises, sont tous deux corrects et il
faut apporter une correction aux recettes fiscales de l’Etat, pour les
porter au niveau approprié (correspond aux droits constatés).
Arriérés
de salaires
Actuellement, il s’écoule
plusieurs mois entre le moment où les travailleurs des services
publics de certains pays effectuent le travail et celui où ils
sont payés. S’il est certain que les salaires seront finalement
payés. S’il est certain que les salaires seront finalement payés,
il convient d’inclure le revenu dû dans les estimations de production
des comptes nationaux. L’interprétation de ces comptes pose cependant
problème quand ce revenu est attribué aux ménages.
La réalité de la compression des revenus et de l’épargne
à laquelle les ménages sont confrontés ne se reflète
pas, dans les comptes sectoriels, dans l’estimation de l’épargne
des ménages obtenue en faisant la différence entre le revenu
total (comprenant un « élément non payé »)
et la consommation total.
Le traitement de cette
situation dans la comptabilité nationale consiste à comptabiliser
les salaires suivant le principe des droits constatés (c’est à
dire comme ayant été payé au moment où le
travail a été réellement effectué). Il en
résultera probablement un niveau d’épargne des ménages
supérieur à ce qu’il aurait été autrement.
La compression des salaires aura généralement pour effet
de réduire la consommation, qui sera financée par une baisse
plus ou moins forte de l’épargne, mais cette dernière sera
largement compensée par la hausse de l’épargne correspondant
aux salaires dus (mais non payés). En fait, les salaires impayés
sont repris (à juste titre) dans les comptes comme une épargne
involontaire ou forcée.
Quand le problème
de l’écart entre les salaires dus et les salaires payés
est grave, il est recommandé d’effectuer une subdivision supplémentaire
des postes de la rémunération des salariés, du revenu
disponible et de l’épargne de manière à ce que l’on
puisse faire la distinction entre les estimations sur la base des payements
(en tant que poste pour mémoire) et les éléments
de droits constatés. Ainsi, l’importance de l’épargne des
ménages susceptible d’être involontaire en raison du restant
dû accumulé apparaît immédiatement. Il est clair
que les écritures de contrepartie (dans les comptes des sociétés
ou administrations publiques) doivent être désagrégées
de la même façon.
Dans tout ce qui précède,
on part de l’hypothèse où les salaires dus seront finalement
payés. Dans la mesure où il apparaît qu’ils ne seront
jamais versés, il y a lieu n’enregistrer ni ces salaires ni la
production correspondante de l’Etat.
Actifs
incorporels, brevets et droits d’auteur dans le SCN 1993
Peter Hill (pour discussion)
Division de statistique,
Commission économique des Nations unies pour l’Europe
La comptabilité
des actifs incorporels et de l’ensemble des redevance de brevets ou droits
d’auteur y afférents est un domaine où les améliorations
du SCN 1993 par rapport au SCN 1968 sont sensibles. Toutefois, les redevances
de brevets ne peuvent pas être comptabilisées de la même
façon que les droits d’auteur dans le SCN 1993, en raison de difficultés
liées à la décision de continuer à considérer
toutes les dépenses de R&D comme des dépenses courantes.
La présente note tente d’éclaircir quelques questions complexes
qui peuvent être source de confusion.
Les brevets et les
copyrights sont des instruments légaux qui constituent pour leurs
titulaires une preuve de leur droit de propriété sur certains
types d’actifs incorporels, qui peuvent être décrits
comme des ‘oeuvres originales’ dans la mesure où il s’agit du produit
d’activités créatrices ou novatrices de nature scientifique,
technique, récréative, artistique ou littéraire.
Les brevets confèrent des droits de propriétés sur
des oeuvres originales ou des inventions dans le domaine scientifique,
le copyright sur des oeuvres originales dans le domaine récréatif,
artistique, littéraire ou informatique (nouveaux enregistrements,
films, manuscrits, etc. et logiciels). Les lois qui régissent les
brevets et les droits d’auteur sont très comparables dans la plupart
des pays. Les droits de propriété conférés
par les brevets et les copyrights sont souvent qualifiés de ‘droits
de propriété intellectuelle’.
Il faut faire une
distinction claire entre les actifs incorporels et les brevets et copyrights
y afférents. On trouve des instruments légaux de type comparable
pour les actifs corporels : ainsi, les ‘actes’ d’une maison (c’est
à dire les documents officiels qui constituent le titre de propriété
d’une maison) sont très différents de la maison elle-même.
Pour des raisons pratiques, nous exposerons d’abord le mode de comptabilisation
des droits d’auteur dans la mesure où ils ne sont pas sujets à
certaines complications supplémentaires qui touchent les redevances
de brevets dans le SCN.
Droits d’auteur
Le SCN 93 reconnaît
explicitement que le processus de création d’une oeuvre récréative,
littéraire ou artistique originale entre dans la définition
de la production du SCN. Le produit consiste en une oeuvre originale sous
la forme d’un nouvel enregistrement sonore et/ou visuel, d’un manuscrit,
d’une composition musicale, etc. L’oeuvre originale sert ensuite à
produire des copies, elles-mêmes utilisées dans les processus
de production ultérieurs ou destinées à la consommation.
En fait, l’oeuvre originale doit être un actif fixe incorporel,
conformément à la définition du paragraphe 10.7 du
SCN 1993, et être utilisée de façon répétée
ou continue pour la production d’autres biens et services (copies) pendant
plus d’un an. Bien qu’une oeuvre originale doive être enregistrée
et sauvegardée sur un support physique – papier, film, bande magnétique,
disque, etc. – elle doit se distinguer nettement de ce dernier. Les pages
blanches, les films, les bandes magnétiques et disques vierges
n’ont que peu de valeur. Ils prennent de la valeur quand on y enregistre
une oeuvre originale qui est, par essence, un bien incorporel sans dimensions
ou coordonnées physiques propres. Aucun élément matériel
n’est transféré de l’oeuvre originale au cours du processus
de production de copies.
Une oeuvre récréative,
littéraire ou artistique originale est donc classée parmi
les actifs fixes incorporels dans le SCN 1993 et est comptabilisée
sous la rubrique AN.112 de la nomenclature des actifs. Dès lors,
par définition, l’acquisition d’une oeuvre originale, que ce soit
par production pour compte propre ou par achat sur le marché, est
considérée comme une formation brute de capital fixe. Notez
que le copyright n’apparaît nulle part dans la nomenclature des
actifs, dans la mesure où il n’est pas un actif en soi, mais simplement
un instrument juridique prouvant la propriété d’un actif.
Les paiements que le propriétaire de l’actif – c’est à dire
le titulaire du droit d’auteur – reçoit d’autres entités
habilitées à utiliser l’actif équivalent en théorie
aux loyers encaissés par les propriétaires d’actifs fixes
corporels qui les donnent en location. Ils sont traités comme des
rémunérations de services fournis par le propriétaire
de l’actif, tandis que dans le SCN 1968 ils étaient considérés
comme une forme de revenu de la propriété.
L’élaboration
d’un nouveau logiciel informatique est une production au même titre
que la création d’un nouveau livre ou d’une nouvelle composition
musicale. Le SCN 1993 comptabilise dés lors un nouveau logiciel
informatique comme une oeuvre originale, qui doit être un actif
fixe incorporel quand elle est utilisée de façon répétée
ou continue dans les processus de production d’autres biens et services
pendant plus d’un an. Elle entre donc sous la rubrique AN.112, au même
titre que les oeuvres originales, artistiques. Comme le savent tous les
utilisateurs de PC, le créateur d’un logiciel peut obtenir un copyright.
Brevets et oeuvres
originales scientifiques
La situation est différente,
dans le SCN 1993, pour les oeuvres originales scientifiques comme les
inventions, les nouveaux médicaments, les nouveaux procédés
de fabrication, etc., et les brevets y afférents. Leur comptabilisation
est liée à celle des dépenses de recherche et développement
(R&D). Cette question a fait l’objet d’un débat animé
lors du processus de révision du SCN. Dans la mesure où
la R&D peut continuer à rapporter des bénéfices
longtemps après qu’elle a eu lieu, on peut avancer que les dépenses
engagées sont, par leur nature, en capital. La plupart des économistes
considèrent qu’il faut traiter la R&D comme un investissement
plutôt que comme une consommation et de nombreux comptables nationaux
semblent d’accord avec eux. Malgré de longues discussions et de
larges consultations avec les instituts nationaux de statistique, aucun
consensus ne s’est dégagé au cours du processus de révision,
mais une majorité a marqué sa préférence pour
le classement de toutes les dépenses de R&D parmi les dépenses
courantes. La réticence à comptabiliser les frais de R&D
dans la formation de capital s’explique davantage par des considérations
pratiques que par des réflexions théoriques, car il est
souvent difficile d’identifier et d’évaluer les ‘actifs’ produits
par les activités de R&D et de rendre compte de leur utilisation
et de leur consommation ultérieures.
En conséquence,
la production des unités de R&D est comptabilisée comme
étant consommée dès qu’elle est produite. Bien que
l’on puisse produire des oeuvres originales scientifiques qui constituent
des actifs du point de vue économique, elles ne peuvent pas être
reconnues comme telles dans le SCN. Il n’y a aucune catégorie ‘oeuvres
originales scientifiques’ dans la rubrique AN.112 des actifs fixes incorporels
de la nomenclature des actifs du SCN 1993. Il est néanmoins possible
d’obtenir des brevets qui établissent le droit de propriété
légale sur ces actifs produits prétendument non existants.
Le SCN se trouve ainsi
dans une situation paradoxale. En réalité, les titulaires
de brevets sont propriétaires d’actifs qui doivent être enregistrés
dans les patrimoines du SCN. De plus, les titulaires des brevets effectuent
aussi des transactions dont il faut tenir compte. Le SCN 1993 était
parfaitement conscient du problème et a tenté de trouver
une porte de sortie. Reconnaissant l’existence d’actifs sous forme d’entités
brevetées, il s’est senti obligé de les classer sous la
rubrique AN.221 « actifs incorporels non produits ».
Ils sont décrits comme pouvant « couvrir la composition d'un
matériau, un procédé de fabrication, un mécanisme,
un circuit ou un appareil électrique ou électronique, une
formule pharmaceutique ou un nouvel organisme vivant produit artificiellement ».
L’ennui, bien sûr, c’est qu’il s’agit manifestement d’oeuvres originales
scientifiques résultant d’activités qui entrent dans la
définition de la production du SCN. Cela signifie qu’il faudrait
les classer parmi les actifs incorporels produits au même
titre que les oeuvres originales de nature récréative, scientifique
ou littéraire et les logiciels informatiques, c’est à dire
parmi les actifs fixes incorporels. Cela implique qu’il faudrait
considérer leur acquisition comme une formation brute de capital
fixe, mais la décision concernant la R&D exclut cette possibilité.
Il n’existe aucune solution satisfaisante sur le plan théorique
qui permette de sortir de cette impasse.
Le risque de confusion
est aggravé par le fait qu’il a été décidé,
dans le SCN 1993, de comptabiliser, par convention, les paiements de redevances
d’exploitation aux titulaires de brevets comme des paiements pour services
rendus (voir paragraphe 7.9 et paragraphe 69 de l’annexe 1), c’est à
dire comme s’il s’agissait de loyers encaissés pour la location
d’actifs fixes. Ce mode d’enregistrement serait valable si les entités
brevetées, à savoir les oeuvres scientifiques originales,
étaient reconnues comme étant des actifs fixes, mais cela
ne cadre ni avec leur classification en tant qu’actifs incorporels non
produits ni avec la décision de traiter toutes les dépenses
de R & D comme des dépenses courantes.
Vu la contrainte imposée
par la décision relative à la R&D, une autre possibilité
serait de traiter les brevets, par convention, comme si c’étaient
eux et non les entités brevetées qui constituaient les actifs.
Considérés comme des instruments juridiques (c’est à
dire « concepts créés par l’homme » ainsi que
cela est dit sous AN.22), les brevets pourraient alors entrer dans la
catégorie des actifs incorporels non produits. Il faudrait
dans ce cas classer les redevances d’exploitation parmi les revenus de
la propriété. De ce fait, c’est la position adoptée
dans le SCN 1968. Toutefois, l’incohérence sous-jacente persiste,
quel que soit l’expédient retenu.
Conclusion
Le mode de comptabilisation
des oeuvres originales récréatives, littéraires,
artistiques et informatiques ainsi que des droits d’auteur y afférents
dans le SCN 1993 constitue une nette amélioration par rapport au
SCN 1968. Un traitement analogue des oeuvres originales scientifiques
est rendu impossible par la décision d’enregistrer toutes les dépenses
de R&D comme les dépenses courantes, ce qui empêche les
activités scientifiques créatives ou novatrices de produire
des actifs. En conséquence, le mode de comptabilisation des brevets
et des entités brevetées retenu par le SCN est intrinsèquement
et inévitablement insatisfaisant et entraîne des incohérences
au sein du système. En fait, le SCN doit soit avancer soit reculer.
- La première
possibilité, c’est d’accepter le fait que la décision
de comptabiliser toutes les dépenses de R&D comme des dépenses
courantes implique que les activités de R&D comme des dépenses
courantes implique que les activités de R&D ne produisent
aucun actif. Il ne peut donc pas y avoir d’actifs sous forme d’oeuvres
originales scientifiques (c’est à dire des entités brevetées).
Les brevets eux-mêmes, en tant qu’instruments juridiques, doivent
être traités comme des actifs non produits et les redevances
d’exploitation comme des revenus de la propriété, ce qui
équivaut à revenir au SCN de 1968.
- (2) L’autre possibilité
consiste à accepter l’existence d’oeuvres originales scientifiques.
Cela implique que les activités de R&D peuvent produire des
actifs fixes incorporels, de sorte que certaines dépenses de
R&D doivent être comptabilisées en tant que formation
brute de capital fixe. Bref, le mode de comptabilisation des oeuvres
originales scientifiques devrait s’aligner sur celui des oeuvres originales
récréatives, littéraire ou artistiques et des logiciels
informatiques.
Il est difficile d’imaginer
que l’une ou l’autre de ces deux possibilités soit mise en oeuvre
dans un avenir proche, étant donné que chacune d’elles exigerait
des modifications importantes par rapport au SCN 1993. Peut-être
faudra-t-il continuer à accepter ces incohérences pour le
moment, mais elles devraient être reconnues comme des incohérences.
La première
solution reviendrait à faire un pas en arrière, sans tenir
compte de la réalité économique. On peut supposer
que la seconde s’imposera en fin de compte à plus long terme. Il
est extrêmement difficile de justifier l’adoption de modes de comptabilisation
différents pour les oeuvres originales scientifiques et pour les
autres dans le SCN 1993 et il pourrait aussi devenir de plus en plus indéfendable,
du point de vue économique, de refuser aux oeuvres originales scientifiques
le statut d’actifs fixes incorporels, au vu des contributions importantes
qu’elles apportent manifestement au développement et à la
croissance économique. La seconde solution représente cependant
un défi majeur pour les comptables nationaux, et elle nécessite
encore une étude plus approfondie puisqu’un simple reclassement
de la R&D parmi la formation de capital n’éliminerait pas les
problèmes qui ont préoccupé ceux qui ont rejeté
un tel mode de comptabilisation au moment de la révision du SCN
1968.
Calendrier
des travaux de recherche sur le SCN 1993 : le point de la situation
(pour information)
Jean-Etienne Chapron,
UNSD
Le Groupe de travail
intersecrétariat sur la comptabilité nationale (ISWGNA)
a récemment examiné son calendrier de travaux de recherche.
On trouvera ci-dessous des extraits du rapport de la Division de statistique
des Nations unies (UNSD) qui donnent une brève description de la
situation, structurée en deux parties :
- Sujets figurant
au calendrier du SCN 1993 (pages xli-xlii de la version française)
- Sujets de recherche
complémentaires apparus depuis 1993.
Sujets figurant dans
le SCN 1993
Les organisations
mentionnées pour chaque sujet ont fourni, ou prévoient de
fournir dans un avenir proche, une contribution concrète (réunion
de groupe d’experts, manuel, etc) :
- Services d’intermédiation
financière indirectement mesurés-SIFIM (Office statistique
des Communautés européenne (EUROSTAT)) : Certains
détails techniques doivent encore être réglés.
Echéance automne 1997.
- Subventions à
la consommation (EUROSTAT) : Projet de rapport terminé pour
le second semestre de 1997. Première discussion dans une petite
task force européenne en automne 1997. Deuxième version
soumise à l’examen du Groupe de travail européen « Comptes
nationaux » et d’autres organisations internationales en décembre
97.
- Distinction entre
activités formelles et informelles (UNSD, Bureau international
du travail (BIT), Commission économique des Nations unies pour
l’Afrique (ECA), Commission économique et sociale des Nations
unies pour l’Asie et le Pacifique (ESCAP) : Atelier UNSD/ECA sur
les services dans le secteur informel à Addis-Abeda, juin 1996.
Atelier UNSD/ESCA/BIT sur les statistiques relatives au secteur informel
à Bangkok, 12-16 mai 1997.
- Comptabilité
de l’environnement (UNSD, Eurostat, Banque mondiale, Organisation de
coopération et de développement économique (OCDE)) :
Etudes pilotes en Europe, en Afrique, en Asie, en Amérique latine.
Achèvement du Manuel opérationnel du Système de
comptabilité intégrée de l’environnement et de
l’économie des Nations unies (SCIEE) pour la fin de 1997 (Groupe
de Nairobi). Début de la révision du SCIEE en 1997 par
le groupe de Londres.
- Classifications
fonctionnelles : OCDE : Achèvement de la Classification
des fonctions des administrations publiques (COFOG). Classification
des fonctions des institutions sans but lucratif au service des ménages
(COPNI) et Classification des fonctions de la consommation individuelle
des ménages (COICOP) en 1997.
- UNSD : Première
ébauche de Classification des dépenses des producteurs
par fonction (COPP) diffusée pour commentaire en décembre
1996. Projet de COPP présenté lors de la réunion
conjointe OCDE/EUROSTAT/Commission économique des Nations unies
pour l’Europe (ECE) à Paris, en juin 1997.
- Actifs incorporels
(EUROSTAT, OCDE) : Réunion européenne à Londres
(février 1996), atelier international organisé par le
Bureau australien des statistiques (mars 1997). Manuel OCDE prévu
pour 1998-99. Contribution de l’ONS du Royaume-Uni.
- Productions de
services, y compris les services produits dans les ménages (OCDE,
UNSD) : L’OCDE a publié en 1995, une étude sur la
« Production des ménages dans les pays membres de l"OCDE-Sources
et méthodes ». Sujet traité également dans
les travaux de l’UNSD sur les comptes des ménages (comptabilité
socio-économique).
- Activités
financières, y compris les produits dérivés (Fonds
monétaire international (FMI)) : Dernière phase de
la révision du Manuel de statistique monétaire et financière.
Réunion du groupe d’experts en octobre 1996. Pour certains produits
dérivés, modifications nécessaires du SCN 1993.
- Comptes régionaux
(EUROSTAT) : Manuel en cours d’achèvement.
- Examen des fonctions
et utilisations du SCN (UNSD) : Séminaire sur les utilisations
des comptes nationaux prévu pour 1998. Publication du compte
rendu en 1998-99.
- Parmi les sujets
figurant sur la liste publiée dans le SCN 1993, les suivants
n’ont pas encore été abordés par au moins un membre
de l’ISWGNA : Coût du capital, présentation sous forme
matricielle, couverture de la formation de capital (recherche et développement,
éducation et capital humain), comptes de l’emploi.
Autres
sujets de recherche
Il s’agit de nouveaux
sujets de recherche abordés par les organisations membres de l’ISWGNA :
- Conversion des
agrégats du SCN 1993 en agrégats du SCN 1968 (EUROSTAT) :
Méthodologie définie en 1996 pour passer de la version
1995 du Système européen de comptes (SEC) à sa
version 1979.
- Economie souterraine
(EUROSTAT, Banque mondiale, OCDE) : Programme de travail européen
1995-98.
- Problèmes
spécifiques des pays en transition (ECE, OCDE, EUROSTAT, UNSD) :
Manuel des Nations unies publié en avril 1997. Réunion
annuelle conjointe ECE/OCDE et contributions connexes.
- Rapports annuels
d’EUROSTAT sur les travaux en cours dans les pays en pré-addhésion.
- Comptabilité
socio-économique (UNSD) : Réunion du groupe d’experts
sur les comptes satellite des ménages (comptabilité socio-économique)
organisée par l’UNSD à New York, du 6 au 10 octobre 1997,
avec publication d’un rapport technique en 1998. Coopération
avec le groupe de Delhi.
- Distribution du
PIB par ménages et mesure de la pauvreté (Banque mondiale) :
Travaux en cours.
Mise
à jour du SCN 1993 (pour
information)
Dans l’introduction
au SCN 1993, il est dit que « le SCN 1993 représente, tout
comme ses prédécesseurs, une étape dans l’évolution
de la comptabilité nationale. D'autres travaux de recherche sont
nécessaires afin de poursuivre cette évolution ». Plus
de cinq années se sont écoulées depuis que le SCN
1993 à été achevé et, pour qu’il reste pertinent
pour les besoins de l’analyse économique et de la décision
politique, il faut déjà mettre à jour certaines parties
du système. Une actualisation périodique peut être
nécessaire afin de refléter les changements réels
qui touchent les économies ; de plus, les instruments financiers
et fiscaux continuent à évoluer, tandis que les méthodologies
comptables s’améliorent, par exemple en matière de comptabilisation
de certains actifs financiers, incorporels ou naturels. Des progrès
considérables ont déjà été enregistrés
dans quelques domaines, comme les SIFIM, les classifications fonctionnelles
et certains instruments financiers (voir SNA News and Notes n°5,
janvier 1997). Reconnaissant le besoin d’une mise à jour, la Commission
de statistique a invité l’ISWGNA à faire des propositions
concrètes en vue de l’adoption d’une procédure d’actualisation
rationalisée, qui permette en même temps une consultation
appropriée.
Lors d’un premier
examen de cette question, au cours d’une récente réunion,
l’ISWGNA a tenté de formuler quelques lignes directrices générales
concernant les façons de traiter les propositions spécifiques
de mise à jour, y compris les procédures de concertation
avec les experts compétents. Une grande attention a aussi été
accordée aux utilisations les plus efficaces des technologies modernes
pour communiquer les modifications-une fois approuvées-aux comptables
et aux utilisateurs. Un ensemble détaillé de propositions
sera présenté par l’ISWGNA, au début de 1998.
Logiciel
de comptabilité nationale multidimensions (pour
information)
Tjeerd Jellema et
Gosse Hommes
Service de conseil
de l’Institut des études sociales, La Haye, Pays-Bas
Selon les recommandations
du SCN 1993, un système de comptabilité nationale doit se
composer d’un tableau des ressources et des emplois (TRE) et d’un système
de comptes économiques intégrés (CEI), reliés
entre eux par un tableau de classifications croisées (TCC). Ils
forment l’ensemble intégré de comptes, appelé le
cadre central. Le système peut encore comprendre plusieurs extensions
et ajouts, comme des comptes satellites, des matrices de comptabilité
sociale et des comptes régionaux.
Les besoins de gestion
de données pour le calcul de ces différentes composantes
sont variés et peu de service de comptabilité nationale
appliquent effectivement une approche unifiée en matière
de gestion des données des comptes nationaux. Il existe peu d’outils
qui remplissent toutes les conditions imposées par un système
de compte en évolution et en expansion constante.
IAS’96 : Une
solution unique
IAS’96 (Integreted
Accounts System, système de comptes intégrés) est
basé sur le concept des ensembles de données à dimensions.
Un utilisateur est parfaitement libre de définir n’importe quel
ensemble de données présentant un nombre quelconque (raisonnable)
de dimensions. Cela signifie qu’au lieu d’être réparties
sur différentes feuilles de calcul (ce qui arrive en cas d’utilisation
de logiciels de type tableurs), toutes les données peuvent être
stockées dans un seul ensemble de données. L’utilisateur
peut exercer un contrôle total sur la structure du système
de comptabilité à mettre en oeuvre. Si l’ensemble de données
est destiné au TRE d’une armée de base, sa définition
couvre les activités, les produits, les opérations, les
ressources et les emplois, ainsi que les évaluations. Si, en revanche,
il est destiné à un système de flux. CEI automne,
l’ensemble de données se définit en termes d’institutions,
d’opérations et de ressources et d’emplois. Il est possible également
de créer un ensemble de données qui combine le TRE et le
CEI dans le cadre central.
Chaque dimension se
définit, à son tour au moyen de systèmes de classification
hiérarchique, comme la CITI ou le CPC, qui peuvent être entièrement
adaptés par l’utilisateur. Ces classifications hiérarchiques
s’utilisent pour l’agrégation automatisée. De plus, tous
les écrans de données-appelés Views-recourent aux
hiérarchies des nomenclatures pour masquer ou afficher le détail
(réduire ou élargir des catégories) dans le système
de comptabilité. Ainsi, un écran peut afficher la demande
intermédiaire totale dans une seule cellule ou, en étirant
l’axe des produits et l’axe des activités, montrer à l’utilisateur
une matrice (ou partie d’une matrice) de 200 sur 200.
Les capacités
de IAS’96 lui permettent de refléter fidèlement le SCN 93
pour ce qui est de la représentation des comptes. Il accepte parfaitement
les comptes T et les représentations matricielles dans ces écrans
et l’utilisation peut entièrement paramètrer la disposition.
C’est la raison pour laquelle IAS’96 permet de représenter aussi
bien le CEI que les ensembles de données TRE ou MCS. Il est même
possible d’avoir un écran qui présente le cadre central
sous sa forme classique et un autre écran qui présente le
même ensemble de données sous forme de matrice de comptabilité
sociale.
La mise en oeuvre
de formules par IAS’96 correspond exactement au concept du SCN. Les formules
appliquées aux cellules à un niveau hiérarchique
supérieur de la nomenclature s’appliquent à toutes les cellules
jusqu’au bas de la hiérarchie, et il est donc possible d’entrer
une formule unique pour définir le concept de ressources totales
pour tous les produits (un vecteur), et une a pour calculer la valeur
ajoutée des activités et des institutions (un plan) en même
temps.
Toutefois, IAS’96
est d’abord et avant tout un outil pour les comptables nationaux et, à
cet effet, il permet la mise en oeuvre de stratégies de rapprochement
par l’édition manuelle et par un concept plus puissant d’édition
base de règles. Ainsi, chaque modification apportée à
l’ensemble de données est sauvegardée dans un historique
des éditions, de sorte que toutes les opérations effectuer
au cours du processus de rapprochement restent disponibles pour analyse.
L’édition sur
base de règles permet au comptable national d’effectuer des tâches
telles que la recalcification, l’extrapolation, l’arrondissement, la répartition
au prorata et l’équilibrage (final) par la méthode RAS mise
en oeuvre pour des dimensions multiples. Les règles sont sauvegardées
et peuvent être réutilisées ; il est donc tout
à fait possible de définir une stratégie d’équilibrage
de base et de l’appliquer d’une année sur l’autre. Les opérations
complexes, comme la transformation d’un TRE en tableaux entrées-sorties,
sont soutenues par ce que l’on appelle les Experts.
Tout le processus
de rapprochement peut être documenté de façon transparente
au moyen de l’écran de présentation Issue View sur lequel
il est possible d’annoter chacune des modifications aux données
et de créer des liens avec les éditions, ce qui permet de
préparer un rapport intégré sur l’ensemble du processus
de calcul des données.
Spécifications
techniques
IAS’96 se fonde sur
la combinaison d’une puissante base de données relationnelle, qui
impose structure et cohérence aux données, et d’un tableur
de grande souplesse pour ce qui est de la présentation des données.
Il a été élaboré au moyen d’un langage compilé
(Delphi). Le logiciel nécessite 8 Mo de RAM pour fonctionner sous
Windows 3.1 et 16 Mo de RAM sous Windows 95 et Windows NT, mais il est
recommandé de disposer d’une capacité supérieure
en cas de problèmes de comptabilité de plus grande envergure.
IAS’96 permet de saisir
et d’exporter les données par le presse-papiers et par échange
dynamique de données (DDE) ainsi que d’importer et d’exporter des
fichiers avec des tableaux en format ASCII, Paradox et DBASE.
La version actuelle
de IAS’96 est une application 16 bits (Windows 3.1), mais elle a déjà
été utilisée avec succès sous Windows 95,
en tant qu’application 32 bits. Les versions futures supporteront encore
mieux les nouvelles plates-formes.
Outre un manuel de
l’utilisateur et une fonction d’aide détaillée, la documentation
comprend une série d’exercices pratiques ainsi que des études
de cas relatives à l’établissement des principaux tableaux
type du manuel SCN 1993.
IAS’96 a été
développé au Service de conseil de l’Institut des études
sociales (ISSAS) de La Haye. Le progiciel mis au point par les auteurs
du présent article s’appuie sur l’expérience acquise par
l’Institut au cours des vingt dernières années dans le cadre
de projets de comptabilité nationale conçus pour des pays
d’Asie, des Caraïbes et d’Amérique latine.
Pour toute information
complémentaire concernant IAS’96, veuillez vous adresser à :
ISSAS, boîte postale 29776,
2502 LT La Haye, Pays-Bas,
téléphone 31-70-4260760,
télécopie : 31-70-4260770.
E-mail : is-sas@iss.nl ; 101453,3264@compuserve.com ;100334,2404@compuserve.com.
Réunions
et séminaires
L’UNSD organisera
une Réunion du groupe d’experts sur la liaison entre la comptabilité
d’entreprise et les comptes non financiers à New York du 18 au
22 août 1997 ainsi qu’une réunion du groupe d’experts sur
les comptes satellites des ménages à New York du 6 au 10
octobre 1997
La troisième réunion du
Groupe d’experts des Nations unies sur les nomenclatures sociales et
économiques internationales aura lieu à New York du 1er
au 3 décembre 1997.
Le FMI organisera un cours sur la comptabilité nationale du 3
au 12 novembre 1997 à Washington D.C.
Note de la rédaction
SNA News and Notes est bulletin d’information semestriel de l’ISWGNA,
élaboré par la Division de statistique des Nations unies
(UNSD). Il ne reflète pas nécessairement la position officielle
des membres de l’ISWGNA.
SNA News and Notes est publié en quatre langues des Nations unies
(anglais, français, russe et espagnol) et peut-être consulté
sur Internet : http://www.un.org/Depts/unsd
Toute correspondance, y compris les demandes d’abonnement gratuit, doit
être adressée à
UNSD, Room DC2-1720
New York, NY 10017 ;
tél. +1-212-963-4854,
fax :+1-212-963-1374 ;
E-mail : sna@un.org.
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